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Il y a quelques jours, on me posait la question de la façon dont on doit présenter les sigles. Vaste et épineuse question !
Un vrai champ de bataille pour typographes
passionnés !
Et pourtant, à une époque où tout doit aller plus vite que vite, on parle
beaucoup par sigles. Il n’est donc pas possible de faire la politique de l’autruche.
Les sigles sont des abréviations de noms de pays, d’organisations, de sociétés, d’administrations, d’associations, comportant plusieurs mots dont on ne retient que les premières
lettres.
O.M.S. = Organisation Mondiale de la Santé
Si on s’en tient à cette définition, T.G.V. (train à grande vitesse) et I.V.G. (interruption volontaire de grossesse) sans parler de T.V.A. (taxe sur la valeur ajoutée) et de B.C.B.G. (bon chic
bon genre) ne seraient pas des sigles.
Encore que si l’on prend la définition du Larousse, « Groupe de lettres initiales constituant l’abréviation de mots fréquemment employés », pas de problème pour T.G.V. ou I.V.G.
Et pour O.R.L., puisque c’est un sigle truc qui correspond à un seul mot : oto-rhino-laryngologie ?
Comme vous pouvez le constater, on ne tient pas compte des « petits mots », quoique…
E.D.F. = Électricité De France
Parfois, au lieu de ne prendre que la première lettre, on prend une syllabe complète.
AFNOR = Association Française de NORmalisation
Traditionnellement, la coutume voulait que l’on fasse suivre chaque lettre d’un point abréviatif (sans espace après) et c’est là que le consensus est loin d’être réalisé, c’est le moins qu’on
puisse dire !
En effet, de plus en plus, on a tendance à faire disparaître les points abréviatifs dans les sigles sauf que cela peut quand même poser quelques « petits » problèmes, notamment de lecture.
Cependant, en aucun cas, le fait de composer un sigle avec des points peut être considéré comme fautif mais parfois il faut admettre que le résultat n’est pas très heureux.
Lorsqu’il est possible de prononcer le mot formé par les différentes lettres du sigle, c’est un acronyme. On peut donc le composer sans point abréviatif, en majuscules.
URSSAF, UNESCO, ASSEDIC, INRA…
Certains typographes considèrent qu’on peut même le composer en bas de casse, avec une capitale initiale, bien que d’autres crient au scandale.
Unesco, Cern, Assedic, Inra, Benelux (Belgique, Nederland, Luxembourg), Euratom…
Les sigles pouvant, mais ne devant pas se lire comme des mots « ordinaires » ne sont pas des acronymes.
O.L.P. (Organisation de Libération de la Palestine), R.A.F. (Royal Air Force), R.A.U. (République Arabe Unie), F.O. (Force Ouvrière), C.E. (Comité d’Entreprise ou
Communauté Européenne), H.E.C. (Hautes Études Commerciales)…
En effet, on ne prononce pas « olp », « raf », « rau », « fo », « ce » ou « èque » ce qui serait pourtant parfaitement
possible.
Les points n’ont jamais empêché les dérivations : la C.G.T., qui n’est même pas un acronyme, fournit des cégétistes résolus avec une aisance comparable à celle de l’ONU fourbissant des résolutions onusiennes.
Il ne faut pas confondre sigle et abréviation. La différence est que le sigle se lit tel qu’il est écrit alors que l’abréviation se lit en entier. Comme j’ai conscience de ne pas être très
claire, je vous donne un exemple :
ONU se lit « onu », c’est donc un sigle.
N.B. se lit « nota bene », c’est donc une abréviation.
Ceci dit, ce n’est pas si simple et la langue évolue. P.S. peut être lu « pé ess » ou « post-scriptum » et l’U.R.S.S. au fil des
années, est devenue l’« ursse » !
Et certains acronymes comme laser, ovni ou radar, sont devenus de véritables noms communs.
Pour les abréviations, on doit conserver les points abréviatifs :
p.c.c. = pour copie conforme
S.G.D.G. = sans garantie du gouvernement
N.D.L.R. (note de la rédaction).
Sur un plan typographique, le sigle est considéré comme un mot insécable : on ne coupe pas un sigle en fin de ligne.
En conclusion, pour la composition des sigles et des acronymes, on peut se référer à quelques règles simples… qui malheureusement ne règlent pas tout !
R.A.T.P., S.N.C.F., C.N.R.S., D.D.E.
OTAN, ONU
Le dernier point abréviatif est absorbé par le point final et par les points de suspension mais pas par les autres signes de ponctuation.
La C.G.T., la C.F.D.T. et la C.G.C. ont signé le protocole d’accord au C.C.E. Plus de grève en vue à la S.N.C.F. !!!!
En principe, le genre du sigle est déterminé par ce qu’il désigne : une C.R.S. (Compagnie républicaine de sécurité) mais un C.R.S. (membre de cette même Compagnie républicaine de sécurité).
Et contrairement à ce que dit Renaud, ce n’est pas « au troisième dans mon H.L.M. » mais « au troisième dans ma H.L.M. » (Habitation à loyer modéré).
Un autre problème de l’utilisation des sigles est que leur prolifération ne donne pas toujours des résultats très lumineux.
C.N.P.F. et C.E. toujours en discussion.
Dans cette phrase faut-il comprendre que le patronat français discute avec les comités d’entreprise ou avec la Commission européenne ?
Bref, la question du début risque de faire couler encore beaucoup d’encre !
C.Q.F.D.
Pardon, ce qu’il fallait démontrer !
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