Lundi 12 avril 2010
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Lorsque le participe passé est suivi d’un infinitif, deux questions à se poser :
1. Le COD est-il avant le verbe ?
2. Est-ce que le COD fait l’action (et non la subit) ?
Si la réponse à ces deux questions est oui, vous accordez.
Si une des réponses est non (ou les deux), vous n’accordez pas.
Quelques exemples pour bien fixer les idées :
- Les branches que j’ai vues bouger
1. Le COD que est placé avant le verbe. Donc c’est oui une fois !
2. Que a pour antécédent les branches. Ce sont les branches qui bougent. On aurait pu dire j’ai vu les branches en train de bouger.
Donc c’est oui deux fois ! Donc, on accorde.
- Je les ai laissés faire leurs achats.
1.Le COD les est placé avant le verbe.
2. Les est bien celui qui fait l’action.
2 oui, donc on accorde.
- Ces musiques que j’ai entendu jouer
1. Le COD que, mis pour musiques, est bien avant le verbe. Cela nous fait un oui.
2. Mais les musiques ne font pas l’action de jouer. Ce sont les instruments qui font cette action. Les musiques sont jouées, donc elles subissent cette action (enfin subir c’est surtout vrai si
c’est moi qui joue…). Bref, la réponse à la question 2 est non.
1 oui + 1 non, cela ne fait pas le compte. On n’accorde pas !
- J’ai vu broder de jolies nappes.
1. Le COD de jolies nappes, est placé après le verbe.
Pas besoin d’aller plus loin, on a déjà un non, donc on n’accorde pas.
Là, je sens en vous une sorte de soulagement du genre, ouf, c’est moins embrouillé que je ne pensais.
Malheureusement pour votre beau moral de lundi matin, il y a quelques exceptions.
Bon français ne s’aurait déchoir.
Premier cas particulier, les verbes se laisser, se voir et se sentir.
Avec votre esprit perspicace, vous avez tout de suite noté que nous ne nous intéressons qu’à leur forme pronominale.
Pour eux, deux cas :
1. Le sujet fait l’action : on accorde
2. Le sujet ne fait pas l’action : on fait comme lui, on ne fait rien et donc on n’accorde pas (il n’y a aucune raison que certains bossent alors que les autres se tournent les pouces, n’est-ce
pas ?)
En pratique, cela donne :
- Ils se sont sentis tomber
C’est ils qui tombe, alors on accorde.
- Elle s’est laissé couper les cheveux.
Elle est restée benoîtement à lire Elle sur le fauteuil du coiffeur en papotant. Elle n’a donc rien fait. Donc nous, par mesure de représailles, on n’accorde pas, na !
Deuxième cas particulier, celui du verbe faire
Quand il est suivi d’un infinitif, faire est invariable.
Là c’est simple, forme pronominale ou pas, on s’en fout.
- C’est la présidente de la société qu’ils ont fait accuser.
- Ils se sont fait tailler en pièces.
Troisième cas particulier, vous avez toute une proposition à l’infinitif introduite par que
Alors, on n’accorde pas
- Ce sont des robes qu’on m’a dit être très belles
Proposition infinitive introduite par que = pas d’accord
En résumé, cela donne :
- Les bagages qu’on a déclarés en douane
mais
Les bagages qu’on a déclaré appartenir à Monsieur Portefruit.
Quatrième et dernier cas particulier (ouf !) : il y a une préposition entre le participe et l’infinitif
Evidemment, le problème ne se pose que si le COD est placé avant.
La question est de savoir si les deux verbes forment un tout ou pas. Pour le déterminer, il faut essayer de placer le COD entre la préposition et l’infinitif.
Si les deux verbes sont " séparables ", vous traitez le participe passé comme un participe passé simple et vous accordez.
Si les deux verbes forment un tout, l’ensemble devient invariable.
Démonstration :
- Les vêtements que j’ai portés à laver
J’ai porté quoi ? Les vêtements (COD) à laver. On peut donc intercaler le COD entre les deux verbes. On accorde.
- Les armoires qu’ils ont eu à fabriquer
Ils n’ont pas eu les armoires. Ils les ont " eu à fabriquer ". En quelque sorte, c’est eu à fabriquer, le verbe. Donc invariable.
Dans les cas litigieux, car cela arrive (ah bon ?), l’une ou l’autre des formes est acceptée.
Bonne semaine…
Autres articles :
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Le participe passé employé avec l’auxiliaire être
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Le mot degré : abréviation et composition
Cherchez la racine !
Tu as traité là un des sujets difficiles dans la langue française... Si je ne suis pas trop mauvais en Français, j'arrive, de temps en temps, à me planter lamentablement sur ces accords ! lol
Merci donc pour ces rappels, et surtout pour les exemples, et les explications très claires.
Bonne semaine à toi. Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
Merci Abeilles ! Quant à se planter, je crois que c'est notre lot à tous... enfin en tous les cas, moi, je me pose souvent des questions métaphysiques sur le sujet... et régulièrement je finis par changer ma phrase.
Bonne semaine à toi aussi. Bizzzzzzzzzz
Bonne soirée, amicalement,
Claude
Et s'il n'y avait que les CM2 qui ne s'y retrouvaient pas, ce ne serait pas grave. Je pense qu'à part des linguistes, tout le monde s'est un jour pris les pieds dans le tapis sur ce sujet.
Tu vois, Claude, je ne suis pas partisante de la réforme de l'orthographe mais là, franchement, un peu de ménage ne ferait pas de mal, tu ne crois pas ?
Bonne journée, Claude.
Il faut reconnaître qu'on le fait tous, remplacer par un verbe du troisième groupe notamment et voir ce qui sonne le mieux...
Mais tu vois, j'ai eu quelques contacts avec des étrangers. Evidemment pour eux, l'instinct, cela ne marche pas alors il faut bien des règles.
Comme je le disais à Claude, je pense qu'au lieu de nous transformer l'orthographe pour la ramener à la phonétique pure, il serait bien plus important que nos académiciens se penchent sur une simplification drastique des accords des participes passés.
Et encore, je n'ai pas encore abordé le cas des verbes pronominaux, chers à Yvette parce que là, c'est encore pire. Mais j'y viens, rien de nous sera épargné.
Bonne journée.
Bonne journée,
Claude
Je suis contente de ne pas être la seule à penser cela. Je finis par me demander si ce n'est pas une sorte de snobisme ou plus exactement l'expression de l'élitisme français, une façon d'empêcher l'ascenseur social, de maintenir chaque individu, coûte que coûte dans sa classe d'origine (j'ai failli écrire sa caste mais je me suis reprise à temps...).
Autrefois, on utilisait le latin pour ce faire.
Mais je m'égare.
Bonne journée.
Bon après-midi
Claude
Tout à fait d'accord. Ma grand-mère avec son certificat d'études était incollable !
Si je disais cela, c'est que lorsque tu vois arriver des CV bourrés de fautes, cela diminue la probabilité de faire embaucher, tu ne crois pas ? Surtout en ces temps de crise de l'emploi. Et surtout lorsque la personne postule à un emploi de secrétariat par exemple.
Mais je suis d'accord avec toi que les barrières sont nombreuses.
Bonne journée, Claude.
Bonne journée, Claude.