Partager l'article ! Billet d’humeur : sigles, franglais et compréhension entre les hommes: De tout temps, des groupes ont cherché à se différencier en mettant ...
De tout temps, des groupes ont cherché à se différencier en mettant au point leur propre langage. Ainsi, les voleurs avaient leur argot qui leur permettait de ne pas être compris par la maréchaussée ou par leurs victimes potentielles.
De même, chaque jeunesse a créé ses propres expressions, histoire qu’on ne puisse pas la confondre avec les vieux barbons rétrogrades de la génération précédente.
Ce phénomène s’est aujourd’hui généralisé et la langue est plus souvent utilisée pour exclure que pour relier.
Ainsi à l’instar des médecins de Molière qui employaient le latin pour indiquer qu’ils faisaient partie de ceux qui savent, nous avons aujourd’hui deux grandes méthodes pour témoigner de notre appartenance aux happy few du Who’s Who et aux VIP, le franglais et les sigles.
Au passage, vous noterez que VIP (Very Important Person) présente l’avantage indéniable d’être non seulement un sigle mais en anglais : le must du must… pardon, le top du top… euh, disons plutôt la crème de la crème.
Bref, j’ai le sentiment que petit à petit, non seulement les autres ne nous comprennent plus mais qu’à force, on en arrive à ne plus se comprendre soi-même. On utilise des expressions toutes faites qui sonnent bien dans l’air du temps, en oubliant leur sens.
Pour être tout à fait honnête, en disant cela, je me sentais un peu vieille institutrice acariâtre qui les lunettes au bout du nez, corrige les dictées en bougonnant sur le thème " Ah ! la jeunesse d’aujourd’hui "…
Et puis, l’autre jour, en me promenant, devinez ce que j’ai vu sur un mur au milieu de slogans racistes :
Au-delà du caractère odieux de cette phrase, je n’ai pu m’empêcher de rire parce que les SDF, ce qu’ils demandent à cor et à cri, c’est justement de pouvoir y aller dans un home.
Mais de là à penser que celui qui avait tracé cette inscription soutenait en sous-main les thèses de l’Abbé Pierre…
A moins de considérer qu’il n’avait pas conscience de l’absurdité de son slogan.
Mais à bien y réfléchir, cette phrase n’est peut-être pas si stupide que ça.
Imaginez qu’elle ait été écrite par un Belge facétieux qui utilise le sigle SDF pour Sans Difficultés Financières, on en arriverait à une injonction pour que les Français fortunés expatriés reviennent se placer dans le giron de notre administration fiscale.
A moins qu’il ne s’agisse tout simplement d’une action préventive de notre Police Nationale enjoignant les personnes dont le portefeuille est bien garni à rentrer au plus vite chez elles pour éviter toute tentative de vol à la tire…
Qui peut savoir ?
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