Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 00:00

L’étymologie est la curiosité insatiable du jongleur de mots, du poète ou de l’écrivain.


Il y va des mots comme des chiffres, des timbres, des rousses, des motos et des cochons d’Inde. Il y a des gens qui ont un plaisir érotique et maniaque à les manipuler, les désosser, les radiographier, les débusquer, les forcer à des accouplements contre nature.

Ainsi, vous avez les chercheurs de racines qui tels des chercheurs d’or, creusent toujours plus profond, en suivant les veines pour exhumer une pépite.


Latinistes et hellénistes distingués, ils passent des heures à discuter âprement des relations intimes de filiation entre le latin mater, le grec mêtêr, le slave mati, le sanscrit mata (ça sanscrit comme ça se prononce), l’anglais mother et le français mère. Et souvent, au bout de leurs austères recherches, on tombe sur d’étranges découvertes.


Par exemple que duc et andouille ont la même origine : tous deux partis du latin ducere.


Autre cas : défunt et fonctionnaire (du latin functus), vénérable et vénérien (de Vénus puis veneris), compositeur et compote ou compost (de compositus), colle et protocole (du grec kolla = colle et prôtokollon = papyrus collés ensemble).


On apprend par leurs études des choses étranges comme le fait qu’à l’origine " fesse " désignait non pas les hémisphères charnus mais ce qu’il y avait entre : fiasse = fente, venant de fissus participe de findere = fendre.


Ou encore qu’assassin vient de haschisch car les adeptes de la secte du Vieux de la Montagne furent poussés à des débordements coupables par le haschich. Ils furent appelés Hachâchi, hachichins qui devient en France assassin.


Si tout le monde sait qu’anticonstitutionnellement est le mot le plus long de la langue française, on est moins nombreux à savoir que la racine utile de cet interminable mot tient exactement en trois lettres : sti. Il s’agit du gène presque intact de son lointain ancêtre, la racine indo-européenne sta (debout). Le verbe latin stare a donné -situere (=établir), auquel on a ajouté successivement : le préfixe con (con = ensemble, constituere = établir ensemble), puis le suffixe tion (du latin tio), le suffixe nelle pour l’adjectif, le suffixe ement pour l’adverbe et le préfixe anti pour le sens.


Et moi, j’ai aussi suivi une piste digne d’un fin limier de bibliothèque puisque j’ai trouvé la matière de cet article dans La grande encyclopédie du dérisoire, pour ensuite découvrir que Bruno Léandri, l’auteur, l’avait lui récupérée dans Les étymologies surprises de René Garrus.


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Par Cath - Publié dans : Le mot du jour - Communauté : Ruche de beaux mots
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