Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 00:00

Toute voyelle est égale en droits et en devoirs !

 

La règle semble correcte et juste et on ne voit pas pourquoi, dans l’évolution de la langue, certaines feraient fortune et d’autres disparaîtraient.

 

Mais force est de reconnaître que l’égalité chez les voyelles est un vœu pieux… j’ai dit, chez les voyelles, pas de mauvais esprit s’il vous plait !

 

Celles qui sont libres ont plus de risque de tomber sous les coups. Ainsi leur sort est vite réglé, elles disparaissent ou se transforment.

 

Prenez par exemple le mot latin anima qui a donné animal en conservant toutes ses voyelles mais aussi âme.

 

Pourquoi ?

 

Le i central d’anima n’étant pas aidé par un accent tonique venant le renforcer a été balbutié, susurré, atrophié puis oublié. De même la voyelle finale sans accent a dû s’effacer pour faire place à un e.

 

C’est ainsi qu’au 11e siècle, anima est devenu aneme puis anme.

 

La seule à capter l’héritage a été la voyelle initiale qui avait pour elle deux atouts majeurs, d’une part l’accent tonique qui était de son côté et puis le bloc des consonnes n et m sur lequel elle s’est appuyée.

 

Pour les mêmes raisons, le a de patrum ou de mare a donné pré ou mer et le e de bene est devenu bien.

 

Par contre, les voyelles qui ne sortent qu’avec deux consonnes baraquées en guise de chaperon, ne risquent rien ou presque.

 

Dans la forme animal, c’est le l final qui en mettant l’accent tonique sur la dernière syllabe a protégé le a final et par rebond sauvé la vie du i.

 

Le a de marmor est resté dans marbre de même que le o de mortem dans mort parce que les consonnes veillaient au grain.

 

Mais dans l’évolution permanente de la langue, les bienfaits ne sont pas forcément récompensés. Ainsi, le n de anme est tombé au champ d’honneur et seul un accent circonflexe indique l’endroit où il fut enterré.

L’âme était née.

 

Autres articles :

Faut pas pousser le bouchon / mémé dans les orties (les hortensias) ! 

Avec le gîte et le couvert, vous resterez sur votre faim ! 

A Dieu vat : les nouveaux développements de l’affaire… 

Costume sur mesure 

Quelle que soit mon envie, je l’ai exprimée à l’envi  

Par Cath - Publié dans : Le mot du jour - Communauté : les bloggeurs du week end
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Les langues vivent, évoluent ...
L'apprentissage de l'écrit a stabilisé pour un temps ce que l'oral déformait puis sont venus les mots étrangers pour compléter les discours ...
Commentaire n°1 posté par marie-claude le 17/07/2010 à 00h31

Je pense qu'il est nécessaire d'évoluer pour une langue comme pour beaucoup d'autres choses. Ceci étant, nous avons en français une langue écrite très différente de la langue parlée, ce qui pose beaucoup de problèmes aux étrangers et pas qu'à eux. Il n'y a qu'à voir les formules alambiquées de fin de lettre : "l'expression de ma haute considération" ou de "mes sentiments distingués" cela fait vraiment Grand siècle !

Bonne journée.

Réponse de Cath le 18/07/2010 à 08h01
Tu as raison, mais en mon for intérieur, j'aime cela ...
Je pars en vacances jusqu'à fin août, je penserai à toi, même si je ne viens plus ...pas de pc oblige ...
amitié .
Commentaire n°2 posté par marie-claude le 19/07/2010 à 08h19

Alors, cela signifie que tu es comme moi, amoureuse des expressions savoureuses...

Bonnes vacances, Marie-Claude.

Réponse de Cath le 19/07/2010 à 13h54

Présentation

  • : Pour tous ceux qui veulent écrire un livre, un rapport, un mémoire pour que le résultat soit à la hauteur de leurs attentes... des avis, des conseils et des opinions personnelles
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés