Partager l'article ! Les poèmes à formes fixes : la ballade de Villon à Cyrano: Les poètes provençaux du Moyen Age avaient mis au point un véri ...
Les poètes provençaux du Moyen Age avaient mis au point un véritable trésor de formes strophiques, de combinaisons de rimes et de rythmes ; ces formes ont été sans cesse renouvelées, redécouvertes.
Ainsi des formes fixes ont été définies : le nombre des strophes, la disposition des rimes y suivent un ordre rigoureux. Les plus importantes sont le sonnet et la ballade.
La ballade est bâtie sur trois strophes ayant les mêmes rimes disposées de la même manière, strophes de 8 vers avec 8 syllabes, de 10 vers avec 10 syllabes, de 12 vers avec 12 syllabes.
Elle comporte en plus, de façon facultative, une demi-strophe, l'envoi qui commence souvent par le mot Prince qui représente tantôt un prince réel mais le plus souvent Prince du Puy, une académie littéraire.
Chaque strophe se termine avec le même vers-refrain.
La ballade qui est apparue au 14e siècle a connu un immense succès pendant deux siècles, puis, après une période d'oubli, elle a été reprise par les parnassiens.
A titre d'exemple, j'aurais pu prendre la Ballade des dames du temps jadis de François Villon avec son célèbre refrain Mais où sont les neiges d'antan ? mais je ne résiste pas à vous présenter plutôt celle de Cyrano.
Je jette avec grâce mon feutre,
Je fais lentement l'abandon
Du grand manteau qui me calfeutre,
Et je tire mon espadon ;
Élégant comme Céladon,
Agile comme Scaramouche,
Je vous préviens, cher Mirmydon,
Qu'à la fin de l'envoi je touche !
Vous auriez bien dû rester neutre ;
Où vais-je vous larder, dindon ?...
Dans le flanc, sous votre maheutre ?...
Au cœur, sous votre bleu cordon ?...
-Les coquilles tintent, ding-dong !
Ma pointe voltige : une mouche !
Décidément... c'est au bedon,
Qu'à la fin de l'envoi je touche.
Il me manque une rime en eutre...
Vous rompez, plus blanc qu'amidon ?
C'est pour me fournir le mot pleutre !
- Tac ! je pare la pointe dont
Vous espériez me faire don
- J'ouvre la ligne,- je la bouche...
Tiens bien ta broche, Laridon !
A la fin de l'envoi, je touche
Prince, demande à Dieu pardon !
Je quarte du pied, j'escarmouche,
je coupe, je feinte... Hé ! là donc
A la fin de l'envoi, je touche.
Autres articles :
Comment insérer le " ç " en majuscule ?
Quand les coquecigrues voleront en escadrilles…
Une figure de style : la métonymie
Merci Cath, ton article comme toujours m'a bien intéressé.
Feras-tu un jour un article sur: "Qui ou qu'il" ? pas toujours facile de savoir lequel mettre: ex "je verrai bien ce qui m'arrivera ou ce qu'il m'arrivera", moi je préfère la deuxième forme.
Allez il est temps que je commence ma journée habituelle. A bientôt Cath Yvette
Tu vois, j'aurais plutôt mis la première. Je vais regarder la question pour voir si je peux éclairer notre lanterne commune.
Moi aussi j'aime assez les rimes croisées. Par contre, écrire de la poésie, c'est hors de ma portée ! Alors, toutes mes félicitations. Si tu aimes la poésie, va faire un tour chez Charlie les mots... tu vas te régaler.
Bonne journée, Yvette.
mais si dures à écrire ...
c'est que pour conter
toute histoire
dans cet art ...
il faut savoir compter .
amitié .
Oui, vraiment dures à écrire. Et puis, je crois qu'il y a un tour d'esprit, que je ne possède pas, pour trouver les rimes. J'ai essayé parfois mais j'ai déchiré toujours...
Bonne journée, Marie-Claude.
J'aime particulièrement celle de Cyrano... en fait, j'adore Cyrano et pas seulement dans ce passage.
Bonne journée, Annie.