Avant la mise sous tension, votre ordinateur n’est qu’un assemblage inerte de métal, de plastique et de circuits.
Quand vous appuyez sur l’interrupteur, une faible impulsion électrique donne la vie à cette matière inerte, à la façon dont un mystique donnait la vie au Golem.
Vivant, certes, mais stupide ! Votre ordinateur est alors un nouveau-né qui ne sait strictement rien faire.
Alors, comme un malade s’éveillant d’un long coma, il fait le tour du propriétaire. Il vérifie qu’il a deux bras, deux jambes et que tout cela fonctionne. Pardon, je m’égare : il vérifie qu’il a bien tous ses composants, qu’ils fonctionnent, et qu’il a accès à un système d’exploitation.
A ce moment-là, votre ordinateur en phase de réveil ne vous sert pas à grand-chose.
Mais ensuite, il entre en phase d’éducation. Il absorbe à une vitesse démentielle, le système d’exploitation et les programmes d’application. Il gobe tout. Et en bon élève suivant ce que vous lui fournirez, il peut devenir un calculateur, une toile pour
un artiste, une machine à écrire ou un jouet.
Pour le faire changer de rôle, il suffit juste d’actionner quelques-uns des minuscules interrupteurs qui sont au cœur de ses puces électroniques. C’est ce que vous faites lorsque vous tapez une commande ou que vous cliquez sur votre souris.
L’ordinateur est un surdoué, mais cette intelligence est fragile et délicate.
Il suffit d’une instruction erronée pour que ce bel édifice s’écroule comme un château de cartes. Il est " planté ".
Ou bien, que sans pitié vous appuyez sur votre interrupteur, pour détruire dans l’œuf cette vie artificielle qui meure sans aucune protestation… jusqu’à la prochaine renaissance…
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