Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 00:00

L'emploi des liaisons est souvent délicat et conduit à de nombreuses fautes de prononciation... et à de nombreux jeux de mots.

 

Pour essayer de clarifier un peu, voici quelques grands principes :

 

La liaison consiste à faire entendre devant un mot commençant par une voyelle (ou h non aspiré), la consonne finale du mot précédent, qui serait dans un autre cas muette.

 

Ça, c'est le principe général. Mais en fait, certaines consonnes muettes subissent par la même occasion une altération.

 

Ainsi, le z mais aussi le s et le x donnent un z lors d'une liaison : des z'oiseaux.

Le d devient t : un grand t'homme.

Le f peut se prononcer v : neuf v'ans ou neuf v'heures mais neuf f'enfants.

Les voyelles nasales peuvent perdre ce caractère : moyen-âge se prononce moyenne n'âge. Bon ami donne bonne n'ami.

 

En outre, certaines liaisons sont obligatoires, d'autres conseillées et d'autres enfin proscrites.

On dit un grand t'homme mais ma mère me reprenait lorsque je disais des s'haricots.

 

On peut dire vous aussi ou vous s'aussi selon les circonstances.

 

Enfin, certaines liaisons sont mal venues notamment parce qu'elles prêtent à confusion : je vais aux eaux ne peut se prononcer sans un chouïa de facétie : je vais z'aux z'eaux qui pourrait se comprendre je vais au zoo.

 

Dans la pratique, le nombre des liaisons varie suivant les niveaux de prononciation : on lie plus dans une conférence à la langue recherchée que dans une conversation en famille.

 

De nos jours, la liaison est en régression et n'est utilisée par tout le monde qu'à l'intérieur d'un groupe de mots ce qui permet parfois de préciser le sens.

 

Ainsi, on dit avoir un pied-t'à-terre à Paris mais mettre un pied / à terre lorsque l'on descend de vélo.

 

En dehors des groupes consacrés comme les États-z'Unis ou le cas z'échéant, on ne lie pas une syllabe accentuée à une syllabe qui ne l'est pas, ni un adjectif avec le nom qui le précède : un savant / aveugle.

 

Une de ses grandes utilités est de permettre d'entendre le s du pluriel au-delà même de la stricte application des principes de liaison :

Jeune n'enfant ! mais Jeunes s'enfants !

Vous êtes / Italien mais Vous êtes z'Italiens s'ils sont plusieurs.

Et même :

Quel cas intéressant ! mais Quels cas z'intéressants !

 

Pour nous résumer, la liaison n'est réellement obligatoire que dans de rares cas mais dans ceux-ci son omission apparaitra comme une erreur.

 

A contrario, même dans la langue familière, la liaison devant le h « aspiré » (des z'haricots) peut sembler fruste ou humoristique.

 

Le pataquès (de « je ne sais pas-t-à qu’est-ce ») est une faute de liaison consistant à substituer un s à un t final, ou réciproquement, et plus généralement, à faire entendre une consonne qui n’existe pas à la finale du mot précédent. C'est la fameuse "liaison mal-t-a-propos". Par extension, le terme désigne également un discours confus, inintelligible.

 

Parmi les plus célèbres, on peut trouver :

Cent-z-euros ; Entre quatre-z-yeux ; J'y ai-z-été ; Ça va-t-être difficile ; Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira-t-à toi ; Le bal des Quat’z’arts...

 

Alors sa veuve en gémissant, au gué, au gué
Coucha z'avec son remplaçant, au gué, au gué

 

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Par Cath - Publié dans : Rédaction et style - Communauté : Télétravail, Télésecrétariat et Traduction
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Commentaires

et va-y qui se dit va z'y... Et qui m'a fait douter du S de vas-y (là, faute, car va est un impératif sans S)

ça fait un peu mal aux yeux d'écrire va-y ! grammaticalement, c'est juste
Commentaire n°1 posté par abacalettres le 19/01/2011 à 06h28

Sauf que là encore la langue française est un nid à exceptions. En effet, dans le cas que tu évoques, par euphonie, dans le cas d’une terminaison par une voyelle, si le verbe est suivi de en ou y, par euphonie, on rajoute un s, ce qui donne : Coupe du gâteau mais coupes-en ; Va à l’école mais vas-y.(http://www.clavieretstyle.com/article-conjugaison-imperatif-present-terminaison-francais-y-en-alpha-omega-nantes-kaeffer-verbe-groupe-50377430.html).

J'ai d'ailleurs fait cet article parce que moi aussi je me posais toujours la question alors j'ai été chercher le renseignement dans une grammaire.

Merci pour le chouïa. C'est une faute de frappe. C'est gentil à toi de me l'avoir signalé.

Bonne journée. Amicalement.  

 

Réponse de Cath le 19/01/2011 à 16h31
vrai de vrai que ces liaisons peuvent être causes de bien des soucis ...
Commentaire n°2 posté par marie-claude le 19/01/2011 à 16h22

A qui le dis-tu !

Bonne fin de journée, Marie-Claude.

Réponse de Cath le 19/01/2011 à 16h26
Il y a aussi le g qui devient qu. On doit dire : Qu'un sang quimpur (abreuve nos sillons) mais on ne le dit plus, on ne le chante plus, sinon on fait rigoler tout le monde ! La seule trace de cette liaison doit se situer chez les Burgiens. Quand ils citent leur ville, ils prononcent Bourg-quen-Bresse. On doit en faire autant, c'est la règle à un double titre : liaison correcte et prononciation identique à celle des habitants du lieu.
Commentaire n°3 posté par Jean-Pierre le 19/01/2011 à 19h00

Effectivement. Cela étant, il est vrai que certaines liaisons sont un peu tombées en désuétude et font "drôle".

Bonne journée.

Réponse de Cath le 03/02/2011 à 13h25
Liaisons mal t'à propos, tu connaissais cette expression? moi ça fait longtemps que je l'utilise mais je n'ai entendu personne l'employer à part toi! Quant au "pataquès", ne l'ayant pas trouvé dans mon dico, je crois bien avoir fait une superbe faute dans mon dernier com sur ton blog. Mille excuses Cath. Maintenant que tu en as mis l'origine, je comprends mieux son orthographe. Bonne journée, un peu froide mais nous sommes en janvier.
Commentaire n°4 posté par Yvette le 20/01/2011 à 13h39

Excuse-moi de ne pas t'avoir répondu plus tôt, Yvette, je suis un choua débordée en ce moment.

Ma maman me le disait tout le temps. Nous sommes donc au moins trois à la connaître. A ce train-là, on est sur le chemin du buzz !!!

J'ai l'impression que cela se réchauffe un peu aujourd'hui. Tant mieux parce que j'ai eu l'impression de geler sur place, hier.

Bonne journée, Yvette.

Réponse de Cath le 03/02/2011 à 13h28

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